Face à la menace écologique et sociale que représentent les activités pétrolières ougandaises sur le lac Albert, le Cadre de Concertation sur les Ressources Naturelles, CdC/RN, agissant au sein de la coalition « Notre Terre Sans Pétrole », a mené une offensive diplomatique et médiatique d’envergure dans la capitale congolaise du 18 au 25 mars 2026.
Un péril transfrontalier sans concertation
Le partage des eaux du lac Albert entre la RDC et l’Ouganda impose normalement une gestion concertée des ressources. Pourtant, la coalition dénonce une cavalcade solitaire de Kampala. L’Ouganda a lancé ses activités pétrolières sans avoir produit, au préalable, une étude d’impact environnemental transfrontalière avec la partie congolaise.
Pour les activistes, le constat est alarmant : la pollution et les perturbations liées à l’extraction du côté ougandais ne s’arrêteront pas à la frontière invisible du lac. L’impact négatif sur la biodiversité et les moyens de subsistance des populations riveraines congolaises est déjà une réalité redoutée.
Un marathon de plaidoyer auprès des institutions
Du 18 au 23 mars, l’équipe du CdC/RN et d’autres membre de la coalition a sillonné les couloirs du pouvoir kinois pour déposer une note de plaidoyer et solliciter des audiences urgentes. L’objectif : réveiller la conscience du gouvernement face à ce qu’elle considère comme une violation des droits des communautés locales.



L’équipe a frappé à toutes les portes stratégiques :
- La Présidence de la République et la Primature
- Le Parlement (Assemblée Nationale et Sénat)
- Les Ministères clés : Environnement, Hydrocarbures, Intégration Régionale, Pêche et Élevage.
Des premiers signaux encourageants
Plusieurs rencontres décisives ont déjà eu lieu :
1. Ministère de l’Environnement : Le bureau du conseiller juridique de la Ministre s’est engagé à rédiger une note technique. Ce document servira de base pour porter officiellement la question devant le Conseil des Ministres.
2. Ministère de la Pêche et Élevage : Des échanges fructueux ont été menés avec le Directeur de Cabinet, conscient des enjeux pour les pêcheurs congolais.
3. Ministère des Hydrocarbures : Un entretien a également été accordé par le Directeur de Cabinet Adjoint.



Une offensive médiatique pour l’opinion publique
Après le plaidoyer institutionnel, la coalition a investi l’espace médiatique pour sensibiliser la population :
- Le 24 mars : L’équipe était l’invitée de l’émission emblématique « Parlons-en » sur Top Congo FM, détaillant les risques environnementaux et sociaux. Dans la foulée, le Secrétaire Permanent du CdC/RN a porté le message au journal télévisé de B-One TV.
- Le 25 mars : Un point de presse a réuni une dizaine de journalistes de la capitale. Ce fut l’occasion de porter haut la voix des sans-voix : ces communautés de la rive congolaise du lac Albert qui demandent justice et protection de leur environnement.
« Le gouvernement congolais doit s’impliquer pour remettre les communautés dans leurs droits. On ne peut pas sacrifier l’avenir de nos écosystèmes et de nos populations sur l’autel d’une exploitation pétrolière unilatérale. » Extrait du message de la Coalition.
